Le projet Charaibeti, mené par notre partenaire Tomorrow’s Foundation auprès d’enfants en situation de handicap, a franchi un cap majeur au premier trimestre 2026. Derrière les avancées techniques de nos équipes se cachent de magnifiques victoires humaines, comme celle de la petite Umrah.
Le projet Charaibeti : briser l’isolement du handicap dans les quartiers précaires
Dans les banlieues et les quartiers les plus démunis de Calcutta, naître avec un handicap physique ou mental condamne trop souvent l’enfant à l’invisibilité. Faute de structures adaptées, de moyens financiers et d’accompagnement social, ces enfants n’ont pas accès à l’école et restent coupés du monde, tandis que leurs familles se retrouvent totalement démunies et isolées.
C’est pour briser ce cercle d’exclusion que Planète Enfants & Développement soutient le projet Charaibeti. Son but est d’offrir une prise en charge globale (éducative, motrice et administrative) pour permettre à chaque enfant de progresser à son rythme, de gagner en autonomie et, lorsque c’est possible, de rejoindre le système scolaire traditionnel.
L’histoire d’Umrah : une victoire pas à pas
Quand Umrah a franchi les portes du centre Charaibeti pour la première fois, elle ne pouvait pas se tenir assise. Chaque jour, son père la portait à bout de bras depuis leur maison, marchant côte à côte avec sa mère. La petite fille, repliée sur elle-même, peinait à interagir avec son entourage.
Deux mois plus tard, le quotidien de cette famille a radicalement changé. Grâce à des séances de physiothérapie quotidiennes au centre et des exercices intensifs de renforcement musculaire, Umrah parvient désormais à se tenir droite sur une chaise avec un simple appui. Aujourd’hui, elle communique avec son regard et ses éclats de rire illuminent les couloirs du centre.
Au-delà du soin : donner le pouvoir d’agir aux mamans
Si Umrah progresse si vite, c’est parce que sa maman est devenue actrice de sa rééducation. C’est tout le sens du nouveau programme « Mother-Child Training » déployé par le projet. Au lieu de simplement déposer leur enfant, les mères sont formées directement par les professionnels du centre pour reproduire les gestes de kinésithérapie et les stimulations à la maison.
Pour soutenir ces femmes souvent isolées et soumises à une lourde charge mentale face au handicap, le projet a également lancé les ateliers « Mother Wellness ». Un espace d’écoute et de bien-être psychologique indispensable pour leur permettre de souffler, de partager leurs défis et de tisser un réseau d’entraide entre paires.
Une approche scientifique et un accès direct aux droits
Ce début d’année 2026 marque une forte structuration technique sur le terrain. Les équipes de Tomorrow’s Foudation croisent désormais deux outils complémentaires pour évaluer les enfants de manière extrêmement précise :
- Le bilan FACP : évaluer l’autonomie au quotidien. Cet outil permet de faire un état des lieux de ce que l’enfant sait déjà faire de manière concrète dans sa vie de tous les jours : est-ce qu’il arrive à manger seul ? À exprimer un besoin ? À interagir avec un autre enfant ? Cela donne une image fidèle de son niveau d’autonomie actuel.
- La méthode internationale « Portage » : un guide étape par étape. Une fois les forces de l’enfant identifiées, cet outil propose un catalogue de petits exercices très simples et progressifs. Il découpe l’apprentissage en micro-objectifs (par exemple, avant de savoir tenir un crayon, l’enfant va d’abord s’exercer à attraper un gros cube, puis un petit objet). C’est un guide parfait pour suivre l’évolution de l’enfant pas à pas, aussi bien au centre qu’à la maison avec les parents.
Grâce à cette double approche, les éducateurs construisent un programme de stimulation 100 % sur mesure et adapté au rythme de chaque jeune
- Le Camp UDID, un accélérateur de droits : obtenir une carte officielle d’invalidité (Unique Disability ID) relève souvent d’un parcours administratif complexe en Inde. Pour faciliter l’accès des familles à leurs droits, le projet a organisé un camp de proximité au cœur des quartiers où elles vivent. Des médecins officiels ont ainsi pu évaluer les enfants sur place, permettant à des dizaines de familles d’obtenir les documents nécessaires et d’accéder aux aides gouvernementales.
Les défis de demain
Le succès du projet crée de nouvelles attentes : le nombre d’enfants nécessitant un soutien individuel lourd ne cesse d’augmenter, et les équipes doivent composer avec l’absentéisme lié aux maladies saisonnières. Pour y répondre, le projet va intensifier les interventions directement au sein des foyers tout au long de l’année 2026.
Le saviez-vous ?
Pour accompagner au mieux les enfants, les éducateurs·rice·s et travailleur·euse·s sociaux·ales ont suivi une formation spécialisée sur les troubles du spectre de l’autisme, dispensée par la Société de l’Autisme du Bengale-Occidental.