La traite des êtres humains : de quoi parle-t-on ? Risques et méthodes d’enrôlement

29 Juil, 2026

Qu’est-ce que la traite des êtres humains ?

« L’expression Traite des êtres humains désigne le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation. L’exploitation comprend, au minimum, l’exploitation de la prostitution d’autrui ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage, la servitude ou le prélèvement d’organes. »

Article 3-a du Protocole de Palerme additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et Article 4-a de la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains du 16 mai 2005.

Comprendre les situations à risque

La pauvreté seule ne suffit pas à expliquer qu’un enfant soit victime de traite. C’est le plus souvent l’accumulation de plusieurs difficultés, au niveau de l’enfant, de sa famille et de son environnement, qui le rend plus vulnérable.

Voici les 9 situations à risque que nous avons les plus fréquemment observées :

1. Violence domestique : l’enfant est exposé à des violences physiques, verbales ou émotionnelles au sein du foyer, y compris entre adultes.

2. Isolement social : l’enfant ou sa famille manquent de soutien ; que ce soit d’unefamille élargie, de voisins, d’amis, ou de liens avec les institutions (écoles, associations, autorités locales), par peur ou par manque d’information.

3. Précarité familiale : la famille peine en permanence à couvrir ses besoins de base : nourriture, logement, santé ou scolarité.

4. Préjugés et discriminations : l’enfant ou sa famille subissent un traitement injuste ou une exclusion en raison de leur genre, d’un handicap, de leur orientation sexuelle,de leur religion, de leur origine …

5. Manque de protection : l’enfant est laissé seul ou sans surveillance adaptée à son âge, parfois dans des environnements dangereux (violence, consommation d’alcool ou de drogues).

6. Difficultés psychologiques : présence, au sein du foyer, de problèmes de dépendance ou de troubles psychologiques non pris en charge.

7. Manque de compétences parentales : les parents manquent d’informations ou de confiance pour répondre aux besoins affectifs, physiques et éducatifs de leur enfant.

8. Absence de papiers d’identité : l’enfant n’a pas de documents légaux : acte de naissance, carte d’identité ou enregistrement auprès des autorités civiles.

9. Manque d’accès à l’éducation : l’enfant n’est pas ou plus scolarisé, ou fréquente l’école de façon irrégulière.

Comment les trafiquants s’y prennent-ils pour enrôler les enfants ?

En travaillant directement auprès des enfants et des familles victimes de traite en Asie du sud est, les équipes sociales du programme PEGASE ont identifié trois méthodes couramment utilisées par les trafiquants pour piéger leurs victimes :

La méthode du “faux amoureux” : une personne feint d’être amoureuse pour convaincre sa cible de la rejoindre, tout en lui promettant un travail et une rémunération. Cette méthode, souvent utilisée par les proxénètescible souvent les adolescentes et es adolescents.

Le recrutement direct : les trafiquants proposent directement des offres d’emploi et la promesse d’une vie meilleure aux familles. Parfois, d’anciennes victimes sont elles-mêmes envoyées recruter d’autres jeunes. Une fois éloignées de chez elles, les jeunes victimes se retrouvent isolées et exploitées, dans le travail ou la prostitution.

L’intermédiaire connu de la famille : cette méthode est souvent le fait d’une personne connue de la victime ou de sa famille, qui revient après une absence, avec de nouveaux vêtements, un nouveau téléphone et qui assure que son patron aurait du travail à proposer.

En expliquant ces méthodes aux enfants et aux familles, l’objectif est de permettre à chacun de mieux reconnaître les signes de la traite, d’être vigilant et d’agir en conséquence, avant qu’il ne soit trop tard.

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