L’histoire de Sokunthea, enfant à risque de traite et d’exploitation

30 Juil, 2026

En mars 2025, Sokunthea*, 10 ans, est arrivée au centre d’hébergement de Damnok Toek à Poipet, un lieu sûr et temporaire pour les enfants de moins de 16 ans en danger dans leur famille ou sans tuteur.

Son père et sa mère – respectivement ouvrier dans le bâtiment et vendeuse de riz – vivaient depuis des années dans l’instabilité. Le stress financier et les conflits quotidiens les ont menés au divorce en 2024. Le père est resté à Poipet avec Sokunthea et sa sœur, tandis que la mère est partie s’installer à Phnom Penh. Un jour, elle est revenue et a enlevé Sokunthea.

À Phnom Penh, Sokunthea a vécu dans la peur : sa mère, sous l’influence de son nouveau compagnon, avait commencé à consommer de la drogue. Sokunthea a subi les violences, les menaces d’être vendue au Vietnam, et la présence constante d’hommes sous stupéfiants chez elle. Elle a souvent manqué l’école. Elle a finalement perdu la sécurité à laquelle tout enfant a droit.

Après plusieurs tentatives sans succès pour récupérer sa fille, son père s’est tourné vers l’équipe du centre de Damnok Toek, qui a recueilli Sokunthea. Là-bas, sa vie a commencé à changer : un endroit confortable, trois repas par jour, des vêtements propres, et l’accès au programme d’éducation non-formelle du centre. Si Sokunthea peut continuer à échanger avec sa mère si elle le souhaite, elle est désormais sous la responsabilité du centre d’accueil.

Aujourd’hui, Sokunthea se sent en sécurité et protégée. Elle raconte : “Je suis très heureuse de vivre ici. Je suis reconnaissante envers Damnok Toek et les professeurs qui prennent soin de moi et qui m’apprennent tant de bonnes choses. Mon rêve est de devenir professeure. Je veux aller à l’école, terminer mes études, et un jour retrouver ma famille.”
De son côté, l’équipe du centre travaille pour aider son père à obtenir un revenu stable, afin que Sokunthea puisse un jour rentrer vivre auprès de lui de façon permanente.

* Le prénom a été changé pour préserver son identité.

 La réponse avec PEGASE en Asie du sud-est : prévention, protection, réinsertion

 Pour prendre le problème à la racine, Planète Enfants & Développement et ses partenaires   travaillent avec des familles en très grande vulnérabilité. L’association leur propose un suivi social   de 6 à 9 mois pour les aider à identifier leurs difficultés financières et sociales et à trouver des   solutions. En les informant, en les consolidant, l’objectif est d’éviter la mise en danger des enfants.
 L’association s’appuie également sur des partenaires locaux qui accueillent notamment des   enfants dans des centres d’hébergement dédiés aux enfants victimes de violence, d’exploitation   ou de traite.
 Le programme vise aussi à renforcer les compétences de ces partenaires pour une prise en charge   spécifique des enfants victimes de traite.

En ce 30 juillet, Journée mondiale contre la traite des êtres humains, restons attentifs, informons-nous, et agissons, chacun à notre niveau, pour que plus aucun enfant ne soit victime ou à risque de traite et d’exploitation.

Pour aller plus loin :
> Quels sont les risques de tomber dans la traite et l’exploitation ? Comment s’y prennent les trafiquants ? Et c’est quoi la traite des êtres humains ?
> Un module de formation en ligne de 30mn sur la traite des êtres humains proposé par le collectif Ensemble contre la traite (dont Planète Enfants & Développement est membre)

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