Shanti, la paix retrouvée au Népal :

Atelier de couture solidaire pour réinsérer des jeunes femmes sexuellement exploitées

Pourquoi ?

Le système patriarcal et la hiérarchisation des castes au Népal favorisent les violations des droits culturels, sociaux et économiques d’une grande partie de la population. Le statut des filles et des femmes est traditionnellement dénué de droit au Népal, aussi bien dans la société qu’en famille. Les jeunes filles des villages sont très souvent analphabètes, victimes de violences, extrêmement pauvres. A la recherche de toute opportunité pour gagner un peu d’argent, nombreuses sont celles qui partent pour la ville afin de rechercher du travail.

Or, à Katmandou, le secteur des loisirs est particulièrement demandeur de jeunes recrues dociles et crédules. Entre 40 000 et 50 000 jeunes femmes y sont embauchées comme serveuses, masseuses, danseuses ou encore chanteuses, et 50% à 75% d’entre elles se retrouvent prostituées de fait, exhortées à prodiguer des « services » sexuels aux clients comme aux patrons. Violées, abusées, et exploitées, la quasi-totalité est sous-payée et corvéable à merci. Un tiers sont des enfants et l’on estime que la grande majorité a été recrutée avant 18 ans.

Comment ?

Basé à Lalitpur, dans la vallée de Katmandou, Shanti est un atelier à la fois de confection, de formation et de réinsertion.

Les bénéficiaires sont des femmes et jeunes filles exploitées dans le secteur des loisirs à Katmandou, Lalitpur et Bhaktapur, ou qui — en tant que sœurs, cousines, colocataires des jeunes filles exploitées — risquent fortement d’être à leur tour entraînées dans ce milieu. Il s’agit parfois de victimes de viol, de violence domestique, ou encore de survivantes de brûlures.

En les formant aux techniques de base de la couture et à la fabrication de sacs, ce projet les aide à trouver une source alternative de revenu stable qui leur garantira une autonomie financière. Impliquées dans la création et la production, les jeunes femmes sont valorisées et regagnent confiance en elles.

Les stagiaires sont suivies par un travailleur social et un conseiller qui les aident à élaborer leur projet professionnel puis à trouver un emploi. Chaque bénéficiaire reste environ 6 à 8 mois dans l’atelier. La vente de sacs finance une partie des activités.

Pour qui ?

  • Six jeunes femmes stagiaires sont formées pendant une période de 6 mois, dont 4 sont résidentes au foyer
  • 4 des bénéficiaires ont trouvé un emploi à l’issue de leur formation et sont aujourd’hui financièrement indépendant

Lieu : dans le quartier de Nakhu, à Katmandou
Durée du projet : 3 ans +