Reportage enfants déplacés au Cambodge : le témoignage d’Émilie Deschaseaux

29 Jan, 2026

Dans un contexte de tensions persistantes et de conflits armés à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge, des milliers de familles ont été contraintes de fuir leur domicile au 2e semestre 2025. Accueillies dans des camps et des pagodes, elles vivent dans une grande précarité.
Une équipe de bénévoles coordonnée par Emilie Deschaseaux, et soutenue par Planète Enfants & Développement, a mené des activités en fin d’année pour offrir aux enfants déplacés des moments de répit, de jeu et de réconfort.

Quand je suis arrivée dans la pagode, les enfants étaient silencieux, le regard fatigué, souvent triste. Ils avaient fui dans l’urgence, laissant derrière eux leur maison, leurs repères, leurs jouets.

Avec l’équipe de bénévoles – Colette, Sophie, Julie, Sophal et Kimo – nous avons proposé des activités simples : dessin, coloriage, jeux, sport, lecture. Petit à petit, les enfants se sont approchés. Ils ont participé, ri, partagé. Voir leurs sourires revenir, même pour un instant, c’était bouleversant. Nous pensions rester 3 jours, nous en sommes restées 6 !

Je me souviens d’une petite fille qui s’est endormie dans mes bras. Elle ne disait rien. Elle avait seulement besoin de se sentir en sécurité, de faire une pause. À ce moment-là, j’ai compris que notre présence comptait autant que les activités.

Les enfants aiment qu’on soit avec eux, qu’on les écoute, qu’on leur nettoie le visage et les mains, tout simplement qu’on s’occupe d’eux.

On a même montré à une grand-mère comment dessiner. Personne ne lui avait jamais montré comment faire… Quand cette mamy nous a pris dans ces bras, tout était dit.

La barrière de la langue s’est vite effacée. Je parle un peu khmer, mais souvent un sourire, un geste ou un dessin suffisaient. Au fil des jours, certains enfants nous attendaient avec impatience chaque matin.

Grâce à la cagnotte que notre équipe bénévole a diffusée, nous avons pu louer une tente et acheter du matériel : jeux, livres, fournitures créatives et équipements sportifs pour animer les ateliers. Nous avons aussi conservé les dessins réalisés par les enfants, avec l’idée d’en faire un grand format pour témoigner de leur créativité et de leur résilience.

Activités avec les enfants

Quand nous avons débuté notre action dans la pagode, 343 familles, soit 1 047 personnes dont 431 enfants, y vivaient. Aujourd’hui, il reste 60 familles, dont 54 enfants, qui sont interdits de rentrer chez eux car ils vivent en zone rouge. Nous leur avons proposé la projection d’un film sur grand écran gonflable mi-janvier.

Nous réfléchissons à continuer des activités bénévoles pour ces enfants bloqués dans cette pagode et les enfants des rues qui y vivent à l’année.

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