Le 15 mai, la Journée internationale des familles nous rappelle une évidence : c’est en son cœur que tout commence. Depuis de nombreuses années, notre approche d’accompagnement social de familles permet aux plus vulnérables d’entre elles de prendre leur vie en main, pour mieux protéger et offrir à leurs enfants un avenir plus serein.
La famille, premier pilier du développement de l’enfant
Les premières années de la vie sont déterminantes. C’est dans cet environnement proche que l’enfant apprend à explorer, communiquer, jouer et entrer en relation.
Comme le souligne Géraldine Massuelle, Coordinatrice de notre programme dédié à la Petite Enfance :
« Les parents sont les premiers repères de l’enfant. Les accompagner, ce n’est pas leur dire comment faire ; c’est leur donner des clés pour mieux comprendre les besoins de leur enfant et favoriser son développement. »
Lorsque cet environnement est fragilisé par la précarité, l’isolement ou le manque d’accès aux services, les inégalités apparaissent très tôt et peuvent marquer toute une vie.
Notre réponse : l’accompagnement social de familles
Notre méthodologie repose sur une conviction forte : les familles ont des ressources. Elles ont simplement besoin d’être soutenues pour les mobiliser.
Concrètement, l’accompagnement social de familles consiste à :
- suivre et guider des familles en grande difficulté pendant 6 à 9 mois
- proposer un suivi psychosocial individualisé
- renforcer la confiance et les capacités des parents
- faciliter l’accès aux services essentiels (santé, éducation, emploi…)
Cette approche crée un véritable pont entre les familles et les services auxquels elles ont droit, en les rendant actrices de leur propre développement.
En 2025, 4 400 familles ont été accompagnées par Planète Enfants & Développement et ses partenaires.
L’histoire de Somsay, construire l’avenir malgré l’adversité
Ici, dans mon village, la vie n’est pas facile. Je vis avec mon mari et mes deux enfants. Mon fils est très malade des reins ; il a besoin de soins tout le temps. Chaque semaine, nous devons aller à l’hôpital, et cela coûte 1,5 million de kips [60 euros]. C’est une somme énorme pour nous. Souvent, je ne savais pas comment payer. J’avais peur de devoir arrêter ses médicaments.
Pour nourrir ma famille, je travaille dans les champs de riz de mes parents. Mais la terre ne donne pas assez pour tout le monde. Je devais souvent acheter du riz et de la nourriture au marché, mais avec l’inflation, les prix montaient sans cesse.
Autour de moi, beaucoup de parents partent travailler très loin, de l’autre côté de la frontière, pour envoyer de l’argent. Ils laissent leurs enfants aux grands-parents. J’avais peur de cela, car les enfants seuls sont plus en danger. Mon quotidien, c’était de chercher de l’argent partout, d’emprunter, et de m’inquiéter pour la santé de mon fils.
Un jour, des femmes de l’Union des Femmes sont venues me voir. Elles m’ont parlé du projet PEGASE. Au début, je ne savais pas trop quoi attendre, mais elles ont été très claires.
Le projet m’a aidée de deux façons :
Pour manger : Chaque mois, je pouvais aller au magasin du village chercher du riz, du sel, de l’assaisonnement et des couches pour mon fils. Comme je n’avais plus à payer pour cela, j’ai pu garder mon argent.
Pour demain : Avec l’argent économisé en deux mois, j’ai acheté deux petits cochons. Le mois d’après, j’ai pu acheter vingt poulets. Je les soigne bien, ils grandissent, et bientôt je pourrai les vendre pour payer les soins de mon fils.
Apprendre à être plus forte
Des gens du projet sont venus nous voir à la maison toutes les deux semaines. On a discuté de comment protéger les enfants et des dangers de la traite (ceux qui veulent emmener nos enfants pour les faire travailler). On a appris tout ça avec des histoires et des jeux, c’était facile à comprendre.
Aujourd’hui, je me sens moins seule. J’ai encore beaucoup de frais pour l’hôpital, mais j’ai mon petit élevage qui commence. Je sais maintenant comment mieux protéger mes enfants. Je remercie le projet de nous avoir aidés au moment où nous en avions le plus besoin.
Sur le terrain : le rôle clé des travailleurs sociaux
L’accompagnement repose sur un travail de proximité essentiel :
- visites régulières à domicile
- construction d’une relation de confiance avec les familles
- adaptation à chaque situation
- travail avec les partenaires locaux
Au Vietnam, Ms Lam Anh, travailleuse sociale chez notre partenaire CSWC témoigne :
« Chaque famille est différente. Gagner leur confiance prend du temps. Mais chaque petit changement est une réussite : un enfant qui retourne à l’école, un parent qui trouve un travail et reprend confiance… «
En cette Journée internationale des familles, rappelons-le : soutenir les familles, c’est construire des sociétés plus justes et durables.