Nous organisions le 28 février dernier, avec notre partenaire local HACRP, une seconde journée de formation au Vietnam, pour des travailleurs sociaux et personnels médicaux d’Ho Chi Minh Ville. Cette nouvelle session a mis l’accent sur un enjeu essentiel : la santé mentale et le bien-être des professionnels accompagnant les victimes de violences.
Accueillie au SIHUB, le centre d’innovation de la ville, la formation a réuni 13 participants issus de plusieurs hôpitaux ainsi que du Centre de Travail Social pour l’Enfance (CTSE). La majorité d’entre eux sont des travailleurs sociaux, directement confrontés, dans leur pratique quotidienne, à des situations de grande vulnérabilité et de traumatisme.
Tout au long de la journée, la formatrice, Nguyen Thi Ngan, spécialiste en psychologie, a accompagné les participants dans une réflexion approfondie sur les risques liés à leur métier. Ensemble, ils ont clarifié les différences entre traumatisme secondaire, épuisement professionnel et fatigue liée à l’empathie, trois réalités souvent entremêlées mais aux impacts bien distincts.
Les échanges ont également permis d’identifier les premiers signes d’alerte, qu’ils apparaissent chez soi ou chez ses collègues. Une meilleure compréhension des mécanismes psychologiques et neurologiques en jeu dans le traumatisme secondaire a offert aux participants des repères concrets pour mieux reconnaître et prévenir ces situations. L’après-midi a été largement consacrée à la mise en pratique. Les participants ont expérimenté des techniques simples de régulation émotionnelle, appris à poser des limites dans leur pratique professionnelle et réfléchi à des moyens concrets de préserver leur équilibre. Ils ont également travaillé à l’élaboration de stratégies personnelles de protection, ainsi qu’au renforcement du soutien entre collègues.
Au-delà des résultats chiffrés, les retours des participants traduisent un très haut niveau de satisfaction. Ils ont particulièrement apprécié la dimension concrète des contenus et les outils proposés, directement mobilisables dans leur pratique. Plusieurs ont souligné s’être reconnus dans les situations évoquées et repartir avec de nouvelles clés pour mieux préserver leur santé mentale.
Cette journée a ainsi rappelé une réalité essentielle : accompagner les victimes de violences implique un engagement fort, qui peut exposer les professionnels à une pression émotionnelle importante. Raison pour laquelle il est souhaitable de poursuivre et renforcer ces actions, à travers la mise en place de temps d’échanges réguliers, de formations complémentaires et de mesures institutionnelles intégrant pleinement la santé mentale du personnel.
Ces journées de formation s’intègrent dans un travail collaboratif avec les institutions locales d’Hô-Chi Minh-Ville pour organiser des centres d’accueil multidisciplinaires dans les hôpitaux afin d’identifier et aider les enfants victimes de violence.