Portrait de Sophie Michelet, du terrain au siège, sans jamais lâcher le lien

27 Jan, 2026
Sophie Michelet

Après avoir donné la parole à son équipe, c’est au tour de Sophie Michelet, responsable du programme Chemins d’Enfances. Entre expériences de terrain et coordination, elle continue de mettre toute son énergie au service des enfants. Spoiler : elle n’oublie jamais le terrain.

Peux-tu te présenter et nous raconter ton parcours ?

« Moi c’est Sophie, 29 ans, la trentaine me guette ! J’ai une licence de sociologie et un master en sciences de l’éducation, parcours intervention sociale. Depuis le collège, ce qui m’attirait vraiment, c’était le social. »

Animatrice en colonie de vacances dès 18 ans, assistante d’éducation en collège, elle se spécialise ensuite auprès de publics en grande précarité, notamment les enfants roms vivant en bidonville, un sujet sur lequel elle réalise deux mémoires de recherche.
« J’ai d’abord cherché à comprendre les inégalités, puis à agir concrètement sur le terrain. »

Pourquoi le milieu associatif et l’intervention sociale auprès des enfants ?

« J’ai grandi dans un environnement très mixte socialement. Très vite, je me suis rendu compte qu’il existait de fortes inégalités, et que lorsqu’elles ne sont pas traitées tôt dans l’enfance, elles deviennent presque impossibles à contourner. »

Te souviens-tu de ton premier terrain ?

« Oui, très bien. C’était un bidonville. J’étais impatiente… et en même temps un peu stressée. Je me demandais comment j’allais être accueillie, si j’allais réussir à créer du lien avec les familles et les enfants. »
Malgré les appréhensions, l’envie d’échanger et de créer prend vite le dessus.

Qu’est-ce que le terrain t’a appris ?

« Humainement, énormément. La force de résilience des familles et des enfants est impressionnante. »
Professionnellement aussi :
« Le terrain m’a appris à m’adapter en permanence, à me remettre en question, en gardant toujours le bien-être des enfants au cœur de mes interventions. »

Un souvenir marquant de ces années ?

« Les étoiles dans les yeux des enfants quand ils arrivent à l’atelier. Pendant deux heures, ils retrouvent leur place d’enfants et jouent comme tous les autres. »

Sans oublier l’imprévu :
« Tu prévois un atelier pour dix enfants, ils sont trente. Ou tu dois maintenir une intervention malgré une tempête. Sur le terrain, tu t’adaptes toujours. »

Quel est ton rôle aujourd’hui en France ?

« Je coordonne le programme Chemins d’Enfances, un programme éducatif auprès d’enfants migrants qui ont connu un parcours de rue avant d’être mis à l’abri. Mes missions principales : management des chargés de projets, développement des partenariats, appui à la recherche de fonds, gestion opérationnelle et pédagogique. »

En quoi ton expérience influence-t-elle ton travail aujourd’hui ?

« Je connais l’engagement physique et émotionnel que demande le terrain, donc je gère le programme en ayant toujours ça en tête. Et je connais aussi précisément les besoins des familles, les opportunités et les limites du terrain, ce qui permet de proposer des actions cohérentes et réalisables. »

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans l’accompagnement des équipes ?

« Permettre aux personnes de s’épanouir professionnellement, dans un cadre de travail sain, propice à l’initiative et à la créativité. »
Et côté équipe :
« Best team ever ! Des profils variés, complémentaires, hyper engagés auprès des familles. »

Comment gardes-tu le lien avec le terrain ?

« J’ai des échanges constants avec les équipes, des réunions régulières et je me rends souvent sur le terrain. Je sais exactement ce qui s’y passe : projets, difficultés, réussites. »

Quel regard portes-tu sur l’évolution du programme en France ?

« C’est un programme qui s’est développé sans s’éparpiller. On a un dispositif qui fonctionne, on mise sur la qualité et l’amélioration continue, sans perdre de vue nos objectifs auprès des familles. »

De quoi es-tu la plus fière aujourd’hui ?

« D’avoir réussi à tracer un chemin entre le terrain et les bureaux tout en gardant les actions terrain au cœur de mon quotidien. »

Merci Sophie pour ce super témoignage !
Officiellement au siège, officieusement encore prête à débarquer en atelier à tout moment 😉

Sophie sur le terrain à l'occasion de la journée du droit des femmes

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