Membre du conseil d’administration depuis près de 10 ans et élu Président de l’association en juin 2026, Kevin O’Sullivan nous parle de son parcours, de son engagement et de ses sources de motivation.
La rencontre avec Planète Enfants & Développement, si elle est le fruit du hasard, a tout de suite été une évidence.
Un parcours marqué par le Népal ?
Mon parcours m’a mené dès l’enfance au Népal, où mon père s’est installé en 1983. J’avais 11 ans lorsque je suis allé pour la première fois lui rendre visite. Un an plus tard, j’y ai passé une année entière, à Bodhanath, dans la périphérie de Katmandou. Ce fut une année qui a marqué l’adolescent que j’étais. Mon père, parti au Népal pour étudier le bouddhisme, m’a permis de découvrir le pays dans sa très grande diversité et de remettre en question beaucoup de repères culturels. Trente ans plus tard, je me suis remarié avec une jeune femme née cambodgienne au Vietnam. En découvrant l’histoire de sa famille, j’ai appris que Planète Enfants & Développement (alors SOS Enfants du Cambodge) avait joué un rôle déterminant dans son parcours.
Lorsque mon collègue et ami Arnaud Barentin m’a proposé de rejoindre le Conseil d’administration en 2017, c’est sans hésiter que j’ai présenté ma candidature.
Pourquoi accepter la présidence ?
Après dix années à suivre les évolutions de la structure, d’abord comme administrateur puis comme trésorier suppléant, il m’a semblé que mon expérience de direction de structures associatives pouvait apporter un soutien utile au comité de direction.
Mais ce qui a achevé de me convaincre, c’est que des personnes de grandes qualités et compétences, aussi bien humaines que professionnelles, sont engagées au sein du bureau et du Conseil d’administration. Il me semble qu’il y a là une très belle complémentarité et complicité d’acteurs motivés pour faire vivre l’engagement associatif.
En découvrant les projets de Planète Enfants & Développement, qu’est-ce qui t’a le plus marqué ?
Les projets visant la protection des femmes au Népal m’ont particulièrement marqué. Mon père m’a souvent parlé du fléau qu’est la traite des femmes. Ces situations, conséquences du manque d’éducation, du manque de moyens et de perspectives, me révoltent.
Par ailleurs, le fait que mon épouse et sa famille aient pu bénéficier de l’accompagnement de Planète Enfants & Développement démontre le rôle fondamental que jouent l’accès à la connaissance, à la culture et le fait de grandir dans un environnement apaisé dès le plus jeune âge.
Selon toi, quels sont aujourd’hui les principaux défis pour les enfants et les familles que l’association accompagne ?
Les situations sont très différentes en fonction des contextes, des pays et des familles. Pour autant, les enjeux se situent à deux niveaux : les conditions matérielles dans lesquelles la famille évolue et les conditions socio-culturelles et éducatives de la “communauté éducative” qui intervient auprès de la famille et des enfants.
Le développement de nos programmes, le partage avec des acteurs locaux et la constitution de réseaux permettant de toucher un maximum de familles et d’enfants constituent un enjeu majeur.
Quelles sont les priorités que tu souhaites porter en tant que président ?
Mon expertise porte moins sur les programmes que sur les organisations. Je vois mon rôle comme celui d’un animateur de collectif, pour accompagner l’adaptation de notre organisation aux évolutions des environnements dans lesquels elle s’inscrit.
Je souhaite, avec le bureau, le Conseil d’administration et le Comité de Direction, poursuivre le travail d’adaptation et de haut niveau d’exigence de l’association, tout en cherchant le meilleur modèle d’organisation pour affronter les évolutions à venir.
Comment vois-tu le rôle de celles et ceux qui soutiennent l’association ?
Le développement des réseaux et de la communication est, à mes yeux, essentiel. Nous devons pouvoir toucher un maximum de monde et donner à voir ce que nous faisons.
L’accompagnement en Pro Bono, le don d’expertise, est également un enjeu très important. C’est par l’engagement de chacun, à son niveau de disponibilité et de compétence, que nous pouvons y arriver.
Y a-t-il une rencontre, une expérience ou un moment particulier qui a renforcé ton engagement en faveur des droits de l’enfant ?
Comme pour beaucoup de monde, l’image du petit Alan Kurdi en septembre 2015 m’a profondément bouleversé. Cette image, qui incarne l’horreur et le drame d’une famille dont la seule ambition était de pouvoir vivre en sécurité, illustre à elle seule toutes les injustices qu’il faut combattre.
Il y a aussi les mots de la chanson “Être né quelque part” de Maxime Le Forestier : “On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille…” Je crois que tout est dit.
Quel message aimerais-tu adresser aux personnes qui soutiennent Planète Enfants & Développement ?
Nous avons plus que jamais besoin de chacune et chacun.
Agir avec Planète Enfants & Développement au service de la petite enfance, de la parentalité et de l’accompagnement des femmes, c’est agir au niveau le plus fondamental pour construire les conditions du mieux-vivre et du mieux-vivre ensemble.
Nous avons besoin de vous pour soutenir nos actions en France et dans l’ensemble de nos pays d’intervention.
Et pour finir, qu’est-ce qui te ressource au quotidien ?
Dès que j’en ai l’occasion, c’est la pratique des sports de plein air qui m’apporte une respiration.
Le sport comme moyen de découvrir des environnements naturels et de se connecter aux autres a toujours eu une place essentielle dans ma vie. C’est, entre autres, ce que j’ai toujours essayé de transmettre et de partager avec mes enfants.