Grande nouvelle : notre programme Chemins d’Enfances, qui accompagne par le jeu les enfants hébergés en structure d’urgence, s’installe à Lyon. Emma, notre chargée de projets ludo-éducatifs, y a posé ses valises fin janvier pour ouvrir une nouvelle antenne. Elle est en duo dans cette aventure avec Camille, ancienne professeure des écoles, qui souhaite aujourd’hui s’investir dans un projet d’accompagnement des enfants avec une forte dimension sociale. Une belle complémentarité pour faire rayonner nos actions sur le territoire.
Après quelques semaines sur place, Emma nous partage ses premières impressions.
Pourquoi ouvrir une nouvelle antenne de Chemins d’Enfances à Lyon ?
“À Lyon, il n’y a pas d’association qui propose des temps de jeu et un peu de liberté à ces enfants qui vivent souvent dans une seule chambre avec toute leur famille. Des familles assez isolées et en très grande précarité qui sont en demande et très heureuses de nous accueillir. On sent que les enfants manquent de ces temps-là, notamment les plus grands qui, d’après les équipes éducatives sur place, ont été un peu laissés de côté ces dernières années. »
En Île-de-France, les dispositifs sont saturés et le 115 ne parvient plus à répondre à l’ensemble des demandes. De nombreuses familles sont ainsi orientées vers d’autres territoires, notamment vers la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Avant toute implantation, un diagnostic territorial a été mené afin d’identifier les besoins prioritaires, les ressources existantes et les marges d’action possibles. Ce travail a donné lieu à des échanges avec la Fédération des Acteurs de la Solidarité régionale et son groupe Enfance & Famille, puis à des rencontres avec plusieurs acteurs majeurs du secteur (Adoma, Armée du Salut, Alynea, Notre-Dame des Sans-Abri, Habitat Humanis). Tous dressent un constat convergent : si l’offre d’hébergement progresse, l’accompagnement global, et en particulier celui des enfants, demeure insuffisant.
La région Auvergne-Rhône-Alpes renforce actuellement ses capacités d’accueil, s’inscrivant dans le plan « Lyon Ville hospitalière », qui affirme l’ambition d’une ville plus solidaire et inclusive. Engagée au sein des réseaux Anvita et ICORN, la Ville de Lyon développe des initiatives concrètes en faveur des personnes vulnérables et de la défense des droits humains.
Mais ces structures restent prioritairement mobilisées sur l’urgence sociale et les démarches administratives. Les enfants disposent encore de trop peu d’espaces dédiés à leur développement, à leur bien-être et à leur socialisation. Les partenaires locaux expriment d’ailleurs clairement le besoin de renforcer les actions spécifiques en leur direction. C’est précisément pour répondre à cet enjeu que le programme Chemins d’Enfances intervient.
Comment s’est passée l’installation ?
“L’installation s’est très bien passée. Notre petit local se trouve dans un tiers-lieu, entouré d’artistes et d’autres associations. Nous aurons souvent l’occasion de les croiser et espérons pouvoir monter des actions ensemble. Mais nous passons quasiment tout notre temps directement sur le terrain où nous nous rendons avec notre camionnette et nos malles de jeux, pour aller directement sur les lieux de vie des familles.”
Comment se sont déroulés les premiers ateliers ?
“Nous avons très vite pris nos marques. Nous avons commencé avec deux ateliers parents-enfants et un atelier pour les plus grands. Nous avons même eu la chance de profiter du beau soleil pour nous installer à l’extérieur.”
Concrètement, les ateliers se déploient aujourd’hui dans quatre structures d’hébergement. Deux d’entre eux s’adressent spécifiquement aux jeunes enfants de 0 à 3 ans et à leurs parents. Chaque mercredi et chaque jeudi, jusqu’à la fin de l’année scolaire, nous intervenons dans des structures situées respectivement à Lyon et à Villeurbanne pour animer ces temps parents-enfants. La régularité des séances est essentielle : elle permet d’installer un cadre stable et de construire progressivement une relation de confiance avec les familles. Nos ateliers poursuivent un double objectif : soutenir le développement des jeunes enfants grâce à l’installation d’espaces de jeu et d’éveil adaptés, et accompagner les parents dans leur rôle en leur offrant un temps de qualité avec leur enfant, des outils concrets et des repères pour renforcer leur confiance et leurs compétences parentales. Ces ateliers se veulent de véritables bulles d’échange, de partage et de découverte.
Des projets en particulier dans les prochaines semaines ?
“À Bron et à Saint-Priest, nous allons lancer des projets potagers ! Les associations sont installées sur d’anciennes bases militaires avec de grands espaces verts. On ne pourra pas cultiver directement en pleine terre à cause de la pollution des sols, mais des bacs hors sol ont déjà été achetés. Les enfants et les mamans sont ravis à l’idée de créer ces petits potagers. Les enfants et les mamans sont ravis à l’idée de créer ces petits potagers. Pour les parents, c’est l’occasion de récolter des aliments, de s’approprier leur lieu de vie et de partager un projet concret avec leurs enfants. Ce projet dépasse le temps des ateliers : il continue toute la semaine, donnant aux enfants et aux parents la responsabilité et la fierté d’en prendre soin. Ces potagers deviennent ainsi de vrais outils d’apprentissage, de coopération et de transmission entre parents et enfants, tout en renforçant le lien avec leur environnement quotidien”
Rien de tout cela n’aurait été possible sans le soutien du fonds de dotation bioMérieux, qui accompagne ce déploiement pendant 3 ans. L’aventure lyonnaise ne fait que commencer !