Lutter contre la traite des êtres humains

Qui est concerné par la traite des êtres humains ?

Chaque année, plus de 2 millions de personnes sont prises au piège, envoyées dans une autre région ou un autre pays que le leur, sans papiers et sans contrat de travail. 80% d’entre elles seront exploitées sexuellement, les autres seront des esclaves modernes condamnées à un travail forcé associé à un harcèlement moral voire sexuel, des brutalités de toutes sortes les enfermant dans un rôle de victime dont il leur est très difficile de sortir.

L’âge moyen des victimes est de 13 ans.

Par exemple, chaque jour, environ 1 000 Népalais migrent vers l’Inde, les pays du Golfe Persique ou d’autres pays asiatiques afin de trouver un emploi. Les salaires qu’ils renvoient au pays sont la première source de revenus pour le Népal. Malheureusement, ces migrations sont souvent dangereuses et mal préparées, surtout pour les femmes et les enfants qui sont exposés à toutes formes d’exploitation et de violence, voire d’esclavage.

Quelles sont les causes de ce phénomène colossal et en pleine expansion ?

  • Un commerce extrêmement profitable : le commerce des êtres humains, en expansion constante, génère plus de 30 milliards de dollars de profit par an ! On estime sa croissance supérieure à celle du trafic d’armes et de drogues.
  • L’existence d’une offre : les habitants de régions où la pauvreté est endémique, les enfants et les femmes vulnérables et déjà victimes de violences domestiques, les familles touchées par l’absence d’opportunités d’emploi et de revenus.
  • L’existence d’une demande : dans la plupart des pays, les services sexuels sont recherchés et les violences sont favorisées par les idées permissives concernant la prostitution. La banalisation des images de violence, une offre sexuelle largement accessible par internet et l’idée que « tout s’achète et tout se vend » rendent le commerce des êtres humains facile et tolérable.
  • Le manque de moyen des pouvoirs publics, surtout dans les pays où les structures étatiques sont fragiles voire absentes.

Comment lutter ?

Planète Enfants & Développement met en œuvre une approche globale et développe des actions adaptées aux différents publics concernés.

En 1992, Planète Enfants & Développement s’est battue pour défendre les droits de tous les enfants, tels qu’ils sont décrits dans la Convention Internationale des Droits de l’Enfant de 1989 : droit à l’identité (état civil), à l’éducation et aux soins ; droit à la liberté d’opinion et d’expression, accès à l’information ; enfin, droit à la protection contre toute forme de violence et d’exploitation.

Au fil des années, nous nous sommes organisés autour de ce combat : la protection des enfants contre la traite, l’exploitation sexuelle et les autres formes de violence. Nos programmes ont pour objectif de contribuer significativement à l’éradication de ce fléau en agissant auprès des victimes et des personnes vulnérables et en luttant contre ses racines : la pauvreté, l’ignorance et la discrimination envers les filles et les femmes.

neeta« Je me suis mariée jeune à un homme pauvre et sans éducation, comme moi. Nous étions journaliers, dans les champs, dans un village de Nuwakot. Il y a 2 ans, un homme est venu à la maison, c’était une période difficile pour nous et il a promis de nous aider. Un mois plus tard, il est revenu en disant qu’il m’avait trouvé du travail en ville. J’étais heureuse, je l’ai suivi. Mais avec 2 de ses amis, ils m’ont emmenée dans un bordel dans le nord de l’Inde. Je n’aime pas parler de cette période, je devais recevoir 10 à 12 clients par jour. Ça a duré 17 mois. En août dernier, je suis tombée malade et on m’a emmenée chez le médecin. J’ai réussi à m’échapper sur le chemin du retour et à rentrer au village. J’ai rencontré tout de suite l’équipe du projet REPARE, un conseiller psychosocial m’a reçue. C’était la première fois que quelqu’un m’écoutait. Le groupe de femmes du projet m’a incité à porter plainte. Mais j’avais trop peur d’une vengeance, je ne me sentais pas assez forte. Elles m’ont assurée qu’elles m’aideraient et je me suis laissée convaincre. La police a retrouvé très vite un des trafiquants. Il a déjà été jugé et il est en prison pour 20 ans. Les 2 autres sont toujours recherchés. Je me sens tellement mieux maintenant, je voudrais que les femmes soient protégées contre ces trafiquants. Je veux qu’ils soient punis. »
Neeta