Violence domestique : les enfants victimes

16 Mai, 2023

Cette semaine, nous nous intéressons à la violence domestique et à ses conséquences sur les enfants avec Nolwenn Deschard, notre Experte Petite Enfance. Pour que l’enfant grandisse sereinement , il·elle doit se sentir en sécurité physique mais aussi psychologique. Seulement lorsqu’un climat de violences physiques et verbales s’installe entre les parents, l’enfant témoin de ces violences devient lui·elle-même victime. Les violences domestiques ont un impact fort sur le développement de l’enfant : quand le parent subit, l’enfant le ressent.

violence domestique

Nous allons donc essayer de comprendre comment s’installe le cycle de la violence domestique avant d’évoquer les conséquences sur les enfants.

D’une personne à l’autre, le schéma présenté ci-dessous peut bien sûr différer. 

 

Un cycle se découpe en 4 phases :

1.Phase de tension
Elle se caractérise par des premiers accès de colère de plus en plus réguliers de l’un des membres du couple envers l’autre.

2.Phase de l’agression
Après les mots, ce sont les gestes violents qui fusent envers le conjoint. La victime se sent désemparée et n’ose pas réagir par peur d’une surenchère de violences.

3.Phase de justification
Le conjoint violent finira par justifier ses gestes en reposant la faute sur le conjoint victime. Une manière d’inverser les rôles qui pousse le conjoint subissant les violences à se sentir coupable.

4.Phase de réconciliation
Pour ne pas perdre le contrôle sur le couple, le conjoint violent finit par s’excuser et redouble d’attention pour montrer qu’il·elle a changé. Une période plus ou moins longue qui s’achèvera par un recommencement du cycle.

Face à ce schéma reproductif, les enfants qui sont témoins de violences entre leur parents perdent peu à peu confiance en eux, car ils ne se sentent pas en sécurité. Sur le long terme, ils peuvent accumuler des problèmes de santé mentale : dépression, anxiété…

Même si les réactions peuvent différer, les conséquences restent les mêmes. Les enfants ont tendance à s’isoler aussi bien dans le foyer comme à la crèche ou à l’école. Dans certains cas, les enfants peuvent être amenés à reproduire le schéma imposé par le parent violent. Dans d’autres cas, l’enfant peut souffrir à long terme de symptômes physiques comme des maux de tête réguliers ou des troubles digestifs.

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Travailleur social ou témoin de violences conjugales, vous avez le pouvoir d’agir et de soutenir les parents et enfants victimes.

1. Ne pas laisser les victimes s’isoler par peur de rentrer dans leur intimité. Pour les enfants, il s’agit de continuer à les inciter à participer à toutes les activités qui créent du lien social.

2. Veiller sur les émotions des enfants : les enfants témoins de violences vont avoir plus de difficultés à gérer leurs émotions. En leur offrant un environnement sûr et réconfortant, ils seront plus à même de gérer les émotions difficiles.

3. Soutenir le parent victime en lui facilitant les démarches : permettre à la victime de rentrer en contact avec des services de conseil, des groupes de soutien et des services juridiques.

4. Ne pas punir un enfant qui a des comportements difficiles à la suite de violences qu’il a vécues. Il est préférable de se montrer empathique.

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