Personnes déplacées internes : l’espace Ami des Enfants au Burkina Faso

21 Juil, 2022

Arnaud Tougma, Chef de projet au Burkina Faso, revient d’une mission à Ouahigouya, au Nord du pays où il est désormais difficile de se rendre en raison de l’insécurité grandissante. Il nous rend compte de la situation sur place et nous explique la mise en place du soutien pour les enfants et femmes déplacés dans la zone.

Je reviens de mission au Nord du Burkina Faso où il est désormais dangereux de se déplacer. La situation va de mal en pire dans cette zone. La population de la ville de Ouahigouya a doublé avec l’arrivée de plus de 100 000 personnes déplacées. Le peu d’hommes qui ont réussi à fuir les violences sont désœuvrés et repartent souvent pour trouver un emploi et subvenir aux besoins de la famille. Les femmes, seules avec leurs enfants, sont devenues cheffes de ménages et s’occupent aussi des enfants de sœurs, de voisines… 

Conditions de vie de personnes déplacées internes au Burkina Faso

Les quelques sites organisés pour les accueillir sont surpeuplés. Les gens s’installent dans des zones que l’on appelle « non loties » et sur des terrains libres. Ils y dressent des huttes de fortune montées avec du matériel de récupération. Le logement, l’accès aux sanitaires et à l’alimentation sont très problématiques. Tout le monde est sur le qui-vive et veut garder ses enfants près de soi au cas où il faudrait fuir rapidement de nouveau.

Nous avons identifié le terrain sur lequel nous allons installer notre « Espace Ami des Enfants » et avons obtenu les autorisations administratives pour le monter : un espace de 100 m2 dans un camp de 2 hectares pour les Personnes Déplacées Internes (PDI). Ce camp est à proximité d’une zone habitée où vivent aussi d’autres PDI qui pourront bénéficier du projet.
Nous aménageons l’espace en août pour débuter les activités avec les enfants en septembre. Nous accueillerons 50 enfants maximum par plage horaire, selon l’âge des enfants. Nous devons adapter les activités en fonction du profil des enfants : certains ont fui par anticipation des violences, mais d’autres ont été attaqués et sont traumatisés. Il sera important de leur fournir un accompagnement psychosocial adapté. Nous avons aussi constaté dans d’autres sites qui accueillent des enfants que certains arrivent affamés ou que d’autres ne viennent pas car ils cherchent de la nourriture avec leurs mères. Il est donc important de traiter ce problème. Notre objectif est autant de protéger ces enfants dans cet espace d’accueil, que d’éviter le travail des enfants et de leur proposer des activités ludiques et d’apprentissage.

En parallèle, le Ministère nous a fourni une liste de femmes en grande difficulté. Nous menons actuellement une enquête avec la Direction provinciale pour retenir les 50 femmes qui vont bénéficier de notre part dans les prochaines semaines d’une allocation financière de 23€ par mois pendant 6 mois. Nous recrutons également un.e travailleur.se social.e pour accompagner ces familles. Nous allons échanger avec ces femmes pour identifier leurs compétences (certaines fabriquaient des tentures, d’autres des poteries, certaines cuisinent…) et former celles qui le souhaitent à la gestion d’une micro-entreprise.

Il est fort à parier que ce soutien, à mi-chemin entre l’urgence et le développement, va être nécessaire pendant de longs mois. Mais pour des raisons budgétaires, nos activités vont se dérouler jusqu’à fin 2022. Nous adapterons ensuite notre présence en fonction des financements obtenus.

> En savoir plus sur notre projet pour les personnes déplacées internes au Burkina Faso

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