Covid-19 : où en sont les pays où nous intervenons ?

Point_Pays_Covid_19_Mai_2020Alors que les français vivent actuellement un déconfinement progressif, faisons le point avec vous sur la situation sanitaire, économique et sociale dans les pays où nous intervenons.

  • Cambodge

Les autorités dénombrent officiellement 125 cas et aucun décès

Les écoles pourraient rester fermées jusqu’en Novembre. Pourtant, le pays semble presque épargné par le virus, c’est même l’un des pays les moins touchés d’Asie. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a néanmoins appelé les autorités à davantage de vigilance alors qu’aucun confinement officiel n’a été décrété. 

De graves conséquences économiques se font déjà ressentir et la Banque Asiatique de Développement estime que la perte économique pourrait s’élever à 390 millions de dollars. Les secteurs les plus touchés sont le tourisme, les touristes étant principalement chinois, et l’industrie textile, qui emploie 700 000 à 800 000 personnes. Le secteur textile prévoit une diminution des commandes de 60% pour le second trimestre 2020. Le Premier Ministre a néanmoins annoncé le 7 avril que chaque ouvrier du secteur impacté par la suspension d’activité recevrait une compensation mensuelle de 70$, contre un salaire de 190$ habituellement. 

  • Népal 

2099 cas sont officiellement recensés, 8 décès

La plupart des cas sont concentrés dans le Sud du pays. Le confinement est reporté de semaine en semaine, il s’étend pour le moment jusqu’au 14 Juin. Les vols internationaux sont, eux, suspendus jusqu’à nouvel ordre. Mais on constate un relâchement, le confinement est de moins en moins respecté par la population. Pour les habitants, la situation économique est en effet très difficile : les quelques distributions de vivre ou d’argent ont pour le moment été suspendues. 

Un fonds d’urgence public a été créé pour distribuer de l’argent, des coupons alimentaires ou du riz aux familles les plus vulnérables. Mais il faut posséder des papiers et être résident permanent pour y avoir droit, ce qui exclut tous les migrants internes venus travailler dans les villes.

Le Népal demeure l’un des pays les plus pauvres au monde et le tourisme est le principal secteur d’activité. Le pays est très dépendant de ses grands voisins, la Chine et l’Inde. Les difficultés d’approvisionnement en biens de première nécessité laissent craindre une pénurie alimentaire.

4000 enfants pourraient mourir avant l’âge de 5 ans au Népal si rien n’est fait dans les 6 mois à venir selon l’Unicef. 

  • Vietnam

Le gouvernement dénombre officiellement 328 cas et aucun décès

Les écoles ont pu réouvrir le 11 Mai après 3 mois de fermeture. La vie reprend progressivement. Des ateliers avec les jeunes des Clubs Imagine ont déjà pu être organisés ces derniers jours par l’association. 

Le port du masque est obligatoire mais n’est pas respecté par tous. 

Ce pays de 94 millions d’habitants affiche l’un des meilleurs bilans sanitaires au monde. Une gestion de la crise qui a été saluée par la presse internationale. Le pays a très tôt opté pour des mesures préventives et drastiques avec une identification et un isolement des personnes infectées. Le Vietnam applique une surveillance stricte de la population et des sanctions sévères peuvent s’appliquer à celles et ceux qui ne respectent pas les mesures sanitaires, pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement. La créativité des messages de prévention diffusés au grand public a également été remarquée, à l’image de la “danse du lavage des mains”, publiée sur le réseau social Tik Tok et rapidement devenue virale. 

Suite à la détection du premier cas le 22 Janvier, le Vietnam a été l’un des premiers pays à fermer sa frontière terrestre avec la Chine alors qu’il en est très dépendant économiquement : la Chine est son 1er partenaire commercial et son 1er investisseur. 

Les conséquences économiques sont déjà lourdes : les mesures de confinement ont entraîné la fermeture d’entreprises. De nombreux vietnamiens ont ainsi perdu leur emploi ou ont vu leur revenu sérieusement diminuer. 

  • Burkina Faso 

881 cas et 53 décès sont officiellement comptabilisés à ce jour.

La quarantaine de la ville de Ouagadougou a pris fin mais le couvre-feu est maintenu alors que le nombre de nouveaux cas est toujours en légère hausse. 

En raison du manque de masques à disposition pour les enseignants et les élèves, le gouvernement s’est vu obligé de repousser la réouverture des écoles, initialement prévue le 11 mai, au 2 juin. Beaucoup s’interrogent sur le respect des mesures de distanciation sociale dans des classes qui rassemblent souvent plus de 60 élèves et où un bureau est parfois partagé par 4 élèves. 

La vie reprend mais l’on craint une crise politique. Une défiance s’installe vis-à-vis du gouvernement. Le premier cas de Covid-19 est remis en question : c’est un membre de l’opposition qui dit ne pas avoir vu les résultats.. 

A la crainte de l’instabilité politique, s’ajoutent les conséquences économiques et sanitaires qui pourraient se révéler désastreuses dans un pays où plus de 40% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Le manque d’accès aux structures d’assainissement est également une source majeure d’inquiétude alors qu’on estime que 60 à 70% des maladies sur le continent africain sont dues à la mauvaise qualité de l’eau ou au manque d’accès à des structures adéquates. 

Le coronavirus, aggravateur d’inégalités

En quelques mois, le Covid-19 a des conséquences regrettables sur l’éducation : plus d’1,7 milliards d’enfants ont été privés d’école pendant plusieurs semaines. Avec la mise en place, là où c’était possible, de l’enseignement à distance, la fracture numérique s’est fait plus que jamais ressentir. L’UNESCO a rappelé que 50% des élèves et étudiants dans le monde n’ont pas accès à un ordinateur chez eux. 

Au-delà du décrochage scolaire, le confinement renforce les violences domestiques, à l’égard des femmes mais aussi des enfants. Dans de nombreux foyers, le confinement a également aggravé les inégalités homme-femme. Selon ONU Femmes, à l’échelle mondiale, les femmes effectuent trois fois plus de soins et de travaux domestiques non rémunérés que les hommes. 

Les femmes sont aussi davantage exposées au risque sanitaire puisque, comme l’a rappelé l’ONU, 70% des travailleurs dans le secteur de la santé sont des femmes

Le constat est sans appel : les plus pauvres sont plus exposés au coronavirus que le reste de la population. Moindre accès aux services de santé, exposition accrue aux pathologies aggravantes comme le diabète ou l’hypertension, emploi incompatible avec le télétravail, exposition en première ligne et promiscuité des logements qui favorise la propagation familiale… Nombreuses sont les explications. Le creusement des inégalités se fait déjà ressentir, en particulier dans les pays en développement. 

C’est pourquoi nous devons assurer un minimum vital à 1100 familles que nous suivons en leur versant une allocation temporaire de 30€/mois pendant 3 mois. Aidez-nous à les aider. Plus que jamais, chaque geste compte. Merci !

14 Mai 2020 – Mis à jour le 02 Juin 2020

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