Accompagnement Familial au Burkina Faso :

Améliorer le bien-être social des familles défavorisées des zones non loties* de Ouagadougou

Pourquoi ?

Le Burkina connait une évolution démographique spectaculaire (5,8 enfants/femme) avec une urbanisation rapide. D’ici 2050, il est estimé que la population de Ouagadougou sera 6 à 12 fois supérieure à celle d’aujourd’hui. Avec ses 2,8 millions d’habitants en 2017, la capitale burkinabè compte déjà un tiers de sa population vivant dans les « zones non-loties ». Ces zones sont des quartiers d’habitat spontané en périphérie de Ouagadougou, sans transport, ni électricité, eau et assainissement. L’Etat ne peut pas faire face aux besoins accrus de sa population et cela affecte fortement la qualité de vie des familles les plus démunies, qui ont un sentiment d’infériorité et s’auto-excluent. Elles réagissent aux besoins immédiats et n’arrivent pas à demander de l’aide de façon appropriée par une méconnaissance de leurs droits et des services fournis.

Comment ?

Avec AGIR, son partenaire local, Planète Enfants & Développement utilise la méthode de l’accompagnement familial, approche non caritative qui vise à renforcer l’autonomie, la résilience, les capacités de développement durable des familles vulnérables et l’accès à l’éducation pour tous les enfants des zones défavorisées. L’objectif est de les accompagner dans la résolution de leurs différentes préoccupations et de rétablir leur lien avec les services publics et privés existants.

Les principales activités sont :

Des activités individuelles :

  • Entretiens en permanences sociales au cœur des quartiers : écoute, conseils, informations, référencements.
  • Visites à domicile 2 fois par mois pendant 6 mois pour les familles les plus isolées.

Des activités collectives :

  • Groupes de paroles (surtout celles relatives aux problèmes de violences conjugales pour lesquelles quasi toutes les familles rencontrées sont affectées),
  • Ateliers d’éveil et d’aide à la parentalité et d’accueil de l’enfant à naitre,
  • Réunion thématique.

En 2017, notre projet a mené une analyse en profondeur des écueils rencontrés par les populations dans leur parcours d’accès aux soins. Cette analyse a notamment permis de lever les obstacles tels que des échanges difficiles dus à des pratiques religieuses, la méconnaissance des risques liés à l’automédication, le manque de confiance pour exprimer les douleurs….

Le projet a aussi élargi sa cible à deux nouveaux groupes de bénéficiaires :

  • Les femmes wahhabites :

Ces femmes participent à des activités collectives dans des centres de santé proches de chez elles autour de thèmes sanitaires et d’accès aux soins. Il est en effet difficile de s’entretenir avec ces femmes de manière individuelle. Grâce à ces réunions, les femmes connaissent mieux le personnel soignant et se sentent plus en confiance lors d’éventuelles consultations.

  • Les adolescents :

La plupart des adolescents des zones non loties errent dans les quartiers où ils sont exposés à beaucoup de risques. Ils souffrent également d’un manque de considération de leur entourage. Ces jeunes, qui sont les conjoints et les parents de demain, sont très demandeurs d’information et d’écoute. Aussi, 385 adolescents ont été conviés à des groupes de parole et réunions thématiques où ils ont pu s’exprimer mais aussi être informés sur les grossesses non désirées, la puberté, les IST, l’hygiène.

Pour qui ?

  • 218 familles très vulnérables des 3 zones non loties d’intervention  suivies en accompagnement familial dynamique
  • 807 personnes reçues en permanence sociale
  • 250 femmes souffrant de violences intrafamiliales, de problèmes d’éducation avec leurs enfants et d’harmonie conjugale participent à des groupes de parole
  • 300 femmes bénéficiaires de consultations gynécologiques et de planning familial
  • 85 hommes et femmes bénéficiaires d’un test gratuit de dépistage du VIH/SIDA

En fin d’accompagnement, les objectifs prioritaires initiaux ont été atteints pour 72% des familles suivies.

*Quartier en marge de la ville qui regroupe les familles les plus pauvres

Lieu : 3 Zones Non Loties de Ouagadougou (Bogodogo, Sig Nonghin, Nongre Massom)
Durée du projet : 3 ans