LUTTER CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES AU CAMBODGE

Protéger les victimes, émanciper économiquement les femmes et sensibiliser les communautés

Contexte actuel

Au Cambodge, la lutte contre les violences faites aux femmes est une problématique de santé publique. Une loi est entrée en vigueur en 2005. Pourtant :

  •  1 homme sur 5 déclare avoir déjà violé une femme au cours de sa vie (selon un rapport des Nations Unies de 2013)
  • 32% des femmes reconnaissent avoir déjà subi des violences émotionnelles de la part de leur partenaire, 21% des violences physiques ou sexuelles (d’après une étude menée par le gouvernement cambodgien et les Nations Unies en 2015)

Dépendantes financièrement de leurs conjoints, sensibles à la pression sociale, bien souvent, les victimes préfèrent garder le silence. Les coupables sont donc rarement incriminés

De nombreuses femmes reçoivent les premiers coups au cours de leur grossesse. Il est urgent de protéger ces femmes et leurs enfants.

Notre projet

Face à ce constat, nous avons mis en place un projet dédié à la lutte contre les violences faites aux femmes. 

  • Protection des femmes victimes :

Un accompagnement psycho-social est proposé aux femmes victimes de violences domestiques pour renforcer leur confiance en soi et leur capacité d’agir. Ainsi, en 2019, 65 femmes ont pu être accompagnées par des travailleuses sociales avec notre partenaire SKO. 

  • Sensibilisation des communautés aux violences basées sur le genre :

En parallèle, des actions de sensibilisation sont mises en place. Des sessions ont notamment pour objectif de développer une conception de la masculinité plus égalitaire.

  • Gender Action Learning System (GALS) :

L’implication des hommes est une priorité pour amorcer un changement des mentalités sur le long terme mais reste un défi.

Pour y parvenir, nous avons adapté la méthode du “Gender Action Learning System” développée par Oxfam en 2007. Il s’agit d’une formation participative basée le dessin, qui permet d’inclure les populations les plus vulnérables, pour la plupart peu alphabétisées. Les séances de formation concernent l’égalité homme-femme et la communication non-violente mais aussi la gestion des finances dans le foyer. L’éducation financière se révèle en effet être un bon point d’entrée pour discuter de sujets sensibles comme l’alcoolisme, les violences ou la prise de décision en commun par la femme et l’homme au sein du foyer. 

Après avoir complété les formations, deux groupes d’épargne et de crédit ont été lancés dans deux quartiers différents par des femmes exposées aux violences domestiques. Au fil du temps, les groupes ont gagné en popularité et d’autres femmes les ont rejoint. Ils permettent aux participantes de se lancer dans de petits commerces et de regagner confiance en elles.

Nos bénéficiaires

  • 65 femmes victimes de violence accompagnées par des travailleurs sociaux
  • 10 séances de formation sur la gestion d’un budget familial et l’égalité femme-homme
  • 57 femmes et 32 hommes formés à la gestion financière
  • 2 groupes d’épargne et de crédit créés

En savoir plus

Notre article présentant la méthode participative et l’implication des hommes pour lutter contre les violences faites aux femmes (Mars 2020)

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Phnom Penh, Cambodge
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Depuis Juin 2018

Logo d'une poignée de mains représentant la collaboration de Planète Enfants & Développement avec des partenaires locaux

Nos partenaires

  • Partenaire local :

Samathapeap Khnom Organisation (SKO)

  • Partenaire financier :

Agence Française de Développement

TEMOIGNAGE

Mme Sopheap, 38 ans

Survivante de violences domestiques, Mme Sopheap a travaillé sur sa situation avec notre équipe d’assistantes sociales pendant plusieurs mois. En octobre 2019, elle a rejoint la formation en gestion financière. 

« Avant la formation, je ne savais pas gérer un budget et je n’avais pas d’objectifs concrets pour améliorer la situation de ma famille. En fait, je suis rendue compte que je dépensais beaucoup d’argent sans m’en rendre compte. Par exemple, je dépensais 2,5$ à 4$ par jour en nourriture. C’est beaucoup pour notre niveau de vie. Maintenant que je comprends mieux comment gérer le budget de la famille et comment identifier les dépenses prioritaires, nous ne consommons plus que 1,75$ par jour en moyenne en nourriture et nous avons toujours assez d’argent de côté pour payer le loyer et envoyer notre fille à l’école. 

Maintenant je suis fière de mes capacités. J’ai gagné la confiance de mon mari et les relations au sein de ma famille s’améliorent. Mes voisins sont curieux de connaître ma méthode et me demandent même des conseils. Bientôt, je voudrais lancer un commerce ambulant, à moto, de fruits et légumes ».