Cambodge : Rapport d’évaluation sur le projet “Services sociaux en usine”

By 31 juillet 2020Actualités

PE&D_Rapport_Evaluation_Services_Sociaux_Usines_CambodgeLa publication d’un rapport d’évaluation par le cabinet Angkor Report est l’occasion de revenir sur les trois dernières années de notre projet “Services sociaux en usine” au Cambodge. 

En Février 2020, une enquête de terrain menée par Angkor Report et Planète Enfants & Développement (PE&D) a permis d’interroger 400 ouvrières au sein des 6 usines concernées par le projet. Mais aussi 25 pair-éducatrices ou “ambassadrices santé”, 15 femmes bénéficiaires de la crèche et 15 non-bénéficiaires, 6 personnels d’infirmerie, 7 directeurs des ressources humaines, 1 inspecteur du travail et 1 représentant des acheteurs. Des membres de la direction départementale de la santé et de l’équipe PE&D ont également été interviewés. 

 

Les principales conclusions du rapport d’évaluation :

  • Volet santé

Remise aux normes des 6 infirmeries d’entreprise 

Amélioration des compétences du personnel infirmier dans les 6 usines concernées 

Confiance renforcée des ouvrières et de la direction

Augmentation de la productivité car les ouvrières n’ont plus besoin désormais de s’absenter une demi-journée pour bénéficier d’une consultation médicale

Baisse de fréquentation des infirmeries, signe que les ouvrières sont en meilleure santé. 

87,8 % des ouvrières ont dit qu’elles continueraient à travailler dans la même usine l’an prochain

90% des ouvrières satisfaites des suivis de grossesse dont elles ont bénéficié (30% des ouvrières interrogées étaient enceintes)

Formation de 61 ouvrières pair-éducatrices devenues “ambassadrices santé” auprès de leurs collègues 

9800 ouvrières sensibilisées aux maladies sexuellement transmissibles, aux signaux d’alerte pendant la grossesse ou à l’importance de l’allaitement

La proportion d’ouvrières sachant que l’avortement est légal au Cambodge a plus que doublé au cours du projet. Mais en 2020, les trois quarts des ouvrières ne le savent toujours pas. 

Le rapport souligne que davantage de pair-éducatrices aurait permis de sensibiliser encore davantage d’ouvrières.

Témoignages de 3 salariés de services Ressources Humaines :

« Elles [les ambassadrices santé] sont formées par l’organisation et agissent ensuite comme un pont entre l’usine et les ouvrières« .

« Leur relation avec les ouvrières, leurs collègues, est plus proche que la nôtre« . 

« Je trouve le projet très utile car il améliore la santé des ouvrières. Et la réputation de l’entreprise s’améliore aussi puisqu’elle est vue comme une entreprise qui prend soin de ses salarié.e.s. Quand les salariés sont sensibilisés et reçoivent ont accès à des services de santé, ils tombent moins malades, leur productivité augmente et les acheteurs sont plus confiants pour commander« . 

  • Volet crèche

Une crèche pilote a été mise développée au sein de l’usine Trax Apparel qui regroupe plus de 2800 salarié.e.s dont 90% de femmes. 60 enfants de 1 à 5 ans y sont désormais accueillis. Ont été évalués la sécurité, les activités proposées, l’organisation et le matériel, le bien-être des enfants et enfin la flexibilité. 

  • La crèche a eu un fort impact sur la motivation des ouvrières : plusieurs se sont dites rassurées qu’une personne qualifiée s’occupe de leur enfant et que celui-ci soit à côté
  • Les mères bénéficiaires de la crèche étaient en moyenne moins absentes et plus motivées au travail
  • La présence d’une crèche a renforcé l’attrait des ouvrières pour cette usine, qui a eu plus de facilités à recruter
  • La plupart des mères bénéficiaires ont dit vouloir continuer à amener leur enfant à cette crèche à l’avenir mais plusieurs regrettent le manque de flexibilité de la crèche qui n’accueille pas les enfants au-delà de l’âge de 6 ans. 

Témoignage de mères :

« Les éducateurs enseignent très bien à nos enfants et les enfants les écoutent. Ils les aiment comme si c’était leurs propres enfants« . 

« Depuis que j’ai placé mon enfant ici, elle est plus intelligente et toujours curieuse de tout« .

« Quand je fais des heures supplémentaires, je peux toujours faire garder mon enfant à la crèche de l’usine« . 

Témoignage d’un responsable des ressources humaines :

« Les ouvrières ne s’inquiètent pas pour leurs enfants. Et quand elles sont moins inquiètes, elles sont plus concentrées sur leur travail« .

 

>> Pour tout savoir sur le projet “Services sociaux en usine”, rendez-vous sur la fiche projet dédiée

Et maintenant ?

Notre projet “Services sociaux en usine” prend fin au Cambodge, mais ce n’est pas pour autant la fin de notre action en faveur de la santé maternelle et infantile et des services de garde d’enfants. Compte tenu des impacts positifs relevés, nous poursuivrons en effet la sensibilisation des ouvrières à la santé sexuelle et reproductive au sein des usines. Et en parallèle, pour s’adapter au mieux aux besoins des ouvrières, nous lançons la création sur 3 ans de 22 crèches communautaires dans les villages où elles habitent. 

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18 Août 2020