Un nouveau pas de géant pour des écoles maternelles de qualité au Cambodge

By 28 octobre 2019Actualités

Planète Enfants & Développement et son partenaire cambodgien Bandos Komar viennent d’être sélectionnés par l’Union Européenne qui va financer le soutien à de 100 écoles maternelles communautaires, dans 4 provinces du pays. C’est une belle reconnaissance de notre expérience sur le terrain et une grande opportunité d’ancrer davantage le rôle majeur de l’éducation des tout-petits dans le pays.

veronique_j_tVéronique Jenn-Treyer, co-directrice de l’association, revient sur cette victoire et l’histoire de notre association avec la Petite Enfance au Cambodge.

Il est question d’accompagner 100 écoles maternelles communautaires au Cambodge. Concrètement, qu’est- ce que cela signifie ?
En 2008, le Cambodge a adopté une loi de décentralisation qui donne la responsabilité aux autorités locales de gérer les services de petite enfance. Mais lors d’une évaluation menée avec l’Unicef en 2015, nous avons constaté des lacunes dans la gestion et le suivi des écoles maternelles par les districts et les provinces, mettant en péril leur durabilité. Notre projet vise aujourd’hui à donner les moyens aux comités de gestion des écoles et aux autorités locales d’assurer pleinement leur rôle et leur responsabilité. Pour cela, nous allons les former au cadre législatif cambodgien, notamment sur les normes que doivent respecter les écoles communautaires. Nous allons créer et accompagner au quotidien des comités de gestion dans chacune des communes concernées.  Il s’agira de renforcer leurs capacités dans plusieurs domaines : planifier  leur budget, formaliser les demandes d’appui et de subventions auprès du Ministère de l’Education pour les formations complémentaires des institutrices, s’équiper en matériel pédagogique et faire les rénovations nécessaires des bâtiments. Suivant un décret de décembre 2017, les écoles communautaires qui atteignent un certain niveau sont certifiées et soutenues directement par le ministère, ce qui permet d’assurer un salaire trois fois plus élevé pour les enseignant.e.s.

A qui va bénéficier ce projet ?
Dès 2020 et pendant 3 ans, nous allons accompagner 20 conseils communaux dans 4 provinces : Kampot, Kampong Speu, Sihanoukville et Pursat ; ce qui couvre 100 écoles maternelles. Dans les faits, ce sont 100 institutrices qui vont pouvoir exercer dans de meilleures conditions, 2000 enfants de 3 à 6 ans qui vont bénéficier d’une scolarisation de qualité, 4000 parents convaincus de l’importance de l’éducation dès le plus jeune âge et une prise de conscience collective des enjeux qui se jouent dès 3 ans.

L’histoire de l’association avec la Petite Enfance au Cambodge ne date pas d’hier. Pouvez-vous nous la retracer ?
Effectivement, notre expérience autour des écoles communautaires au Cambodge remonte à plusieurs décennies. A notre arrivée dans le pays en 1984, les écoles maternelles n’existaientcambodge_ecole_maternelle_440px quasiment pas. Dans les campagnes d’abord, nous avons identifié et formé des enseignant.e.s et monter un modèle économique avec des activités génératrices de revenus pour financer des écoles. Dans le même temps nous avons inspiré et appuyé le ministère de l’éducation pour l’ouverture de classes maternelles au sein des écoles primaires. Puis nous avons été les premiers dans les années 90, avec l’Unicef, à développer un modèle d’école alternatif à l’école publique, à faible coût et géré au niveau des communes, ce qui permettait d’accélérer l’offre, alors  très insuffisante. D’abord dans des villages, puis en milieu urbain dans les années 2000. Nous avons ainsi créé 150 maternelles communautaires dans le pays. Le modèle a rapidement fait ses preuves et l’Etat cambodgien l’a officiellement adopté en 2002, en plus de celui de l’école publique, qui progresse très lentement. Depuis, la Banque mondiale, l’Unicef et de nombreuses ONG se le sont appropriées pour soutenir les conseils communaux à la création de plus de 3000 écoles maternelles.

Expérimenter des modèles à petites échelles, faire en sorte qu’ils soient repris par les locaux et qu’ils se multiplient, c’est dans notre ADN. Nous sommes donc très fiers de cette nouvelle avancée aujourd’hui.

encadre_cambodge_rapport_peNovembre 2019